Après le suicide d’une collègue de Gironde le SNUDI FO s’adresse au ministre
Après le suicide d’une collègue de Gironde le SNUDI FO s’adresse au ministre
Montreuil, le 20 mars 2008
A Monsieur Xavier DARCOS
Ministre de l’Education nationale
Ministre de l’Education nationale
Monsieur le Ministre de l’Education nationale,
Nous aurions souhaité ne pas avoir à faire ce courrier.
C’est un drame, qui nous a bouleversé, qui a détruit une famille. Un drame avec, au point de départ, un banal conflit dans une école de Gironde. Un conflit qui dégénère, parce que l’administration n’a pas assuré la protection à laquelle avait droit notre collègue en application de l’article 11 de la loi de 1983.
Notre collègue, Valérie CRUZIN, s’est effondrée, s’est sentie victime d’un véritable complot après avoir été convoquée par son IEN en présence des élus politiques locaux, après avoir pris connaissance de lettres, diffamatoires, accumulées en quelques jours pour constituer un dossier de circonstance totalement instruit à charge , sans qu’aucune mesure ne soit prise pour la protéger.
Nos collègues, dans les conditions difficiles d’exercice qui leur sont faites, sont en droit d’attendre de leur hiérarchie, à commencer par leurs IEN, du respect, une écoute, une attitude positive, une intervention dans les conflits qui évite de dresser les uns contre les autres, de donner raison, systématiquement et sans autre enquête, aux dénonciateurs, voire aux calomniateurs.
Quelle qualité particulière serait donc celle de « parents » ou « d’élus locaux » pour que certains puissent se permettre de dire n’importe quoi et d’être entendus par la hiérarchie de l’Éducation nationale avec une bienveillance qui n’a pas été accordée à notre collègue ?
Nous n’acceptons pas le refus de Mr le recteur de l’académie de Bordeaux d’accorder à cette collègue la protection prévue pour tous les fonctionnaires en vertu de l’article 11 de la loi de 1983. A la demande de protection de notre section de Gironde, Monsieur le recteur a répondu : « (…) il n’apparaît pas qu’une quelconque demande de protection ait été formulée par Mme CRUZIN (…). Je constate en conséquence, que vous n’avez pas qualité pour intervenir dans ce domaine ».
Lorsqu’il a rédigé cette réponse, Madame CRUZIN était dans le coma.
Or, la loi lui permettait de se substituer au fonctionnaire attaqué dans l’exercice de ses fonctions. Les autorités de l’Education nationale ont la responsabilité du service public d’enseignement, ce qui inclut la sécurité, la protection des enseignants. La question est grave. Elle doit être traitée avec tout le sérieux qu’elle mérite.
Comment comprendre un tel déchaînement, alors qu’en audience Monsieur l’inspecteur d’académie de Gironde a reconnu le 6 mars que Madame CRUZIN n’avait rien à se reprocher professionnellement.
Notre collègue était institutrice à l’école maternelle de Pauillac Montauroy en Gironde.
Elle s’appelait Valérie CRUZIN, avait 39 ans, enceinte de 6 mois et maman d’un autre enfant de 9 ans. Elle venait de sortir du coma après une première tentative de suicide.
Elle s’est donné la mort le 28 février 2008. Monsieur le Ministre, nous vous demandons de prendre toutes les mesures pour que toute la clarté soit faite sur cette dramatique situation. Persuadé que vous comprendrez le sens de notre démarche
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.
Norbert TRICHARD Secrétaire général
Nous aurions souhaité ne pas avoir à faire ce courrier.
C’est un drame, qui nous a bouleversé, qui a détruit une famille. Un drame avec, au point de départ, un banal conflit dans une école de Gironde. Un conflit qui dégénère, parce que l’administration n’a pas assuré la protection à laquelle avait droit notre collègue en application de l’article 11 de la loi de 1983.
Notre collègue, Valérie CRUZIN, s’est effondrée, s’est sentie victime d’un véritable complot après avoir été convoquée par son IEN en présence des élus politiques locaux, après avoir pris connaissance de lettres, diffamatoires, accumulées en quelques jours pour constituer un dossier de circonstance totalement instruit à charge , sans qu’aucune mesure ne soit prise pour la protéger.
Nos collègues, dans les conditions difficiles d’exercice qui leur sont faites, sont en droit d’attendre de leur hiérarchie, à commencer par leurs IEN, du respect, une écoute, une attitude positive, une intervention dans les conflits qui évite de dresser les uns contre les autres, de donner raison, systématiquement et sans autre enquête, aux dénonciateurs, voire aux calomniateurs.
Quelle qualité particulière serait donc celle de « parents » ou « d’élus locaux » pour que certains puissent se permettre de dire n’importe quoi et d’être entendus par la hiérarchie de l’Éducation nationale avec une bienveillance qui n’a pas été accordée à notre collègue ?
Nous n’acceptons pas le refus de Mr le recteur de l’académie de Bordeaux d’accorder à cette collègue la protection prévue pour tous les fonctionnaires en vertu de l’article 11 de la loi de 1983. A la demande de protection de notre section de Gironde, Monsieur le recteur a répondu : « (…) il n’apparaît pas qu’une quelconque demande de protection ait été formulée par Mme CRUZIN (…). Je constate en conséquence, que vous n’avez pas qualité pour intervenir dans ce domaine ».
Lorsqu’il a rédigé cette réponse, Madame CRUZIN était dans le coma.
Or, la loi lui permettait de se substituer au fonctionnaire attaqué dans l’exercice de ses fonctions. Les autorités de l’Education nationale ont la responsabilité du service public d’enseignement, ce qui inclut la sécurité, la protection des enseignants. La question est grave. Elle doit être traitée avec tout le sérieux qu’elle mérite.
Comment comprendre un tel déchaînement, alors qu’en audience Monsieur l’inspecteur d’académie de Gironde a reconnu le 6 mars que Madame CRUZIN n’avait rien à se reprocher professionnellement.
Notre collègue était institutrice à l’école maternelle de Pauillac Montauroy en Gironde.
Elle s’appelait Valérie CRUZIN, avait 39 ans, enceinte de 6 mois et maman d’un autre enfant de 9 ans. Elle venait de sortir du coma après une première tentative de suicide.
Elle s’est donné la mort le 28 février 2008. Monsieur le Ministre, nous vous demandons de prendre toutes les mesures pour que toute la clarté soit faite sur cette dramatique situation. Persuadé que vous comprendrez le sens de notre démarche
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma parfaite considération.
Norbert TRICHARD Secrétaire général
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