Quand la commission Pochard s’occupe de la rémunération des enseignants

Publié le par Snudi-Fo-2a

 Quand la commission Pochard

 

s’occupe de la rémunération des enseignants

La grève du 24 janvier a été un succès dans toute la Fonction publique. Les enseignants étaient en grève avec tous les autres fonctionnaires pour l’augmentation du point d’indice pour tous, leur statut et le code des pensions. L’opération Darcos « service minimum » contre le droit de grève a été un échec. FO a parlé d’une seule voix : territoriaux et enseignants. Les salariés du privé et du public ont manifesté ensemble pour les augmentations de salaires. Ils se retrouveront ensemble pour dire avec la Confédération : 37,5 pour tous, pas plus de 40 annuités ! Le CCN en discutera à la mi-février.

 

Vous trouverez ci-dessous le compte-rendu de la réunion sur le salaire des enseignants qui, du fait notamment de notre intervention, ne peut être utilisée pour nous sortir de la Fonction publique. Nous savons que tout danger n’est pas écarté : le Ministre a parlé de « fonction publique éducative » et la Conférence des directeurs d’IUFM avance le projet d’un « master » d’enseignant qui viendrait se substituer aux concours d’entrée dans la Fonction publique. C’est dans ce contexte que la commission Pochard va rendre publique son rapport dans les jours qui viennent.

 

Ce document ci-dessous est à la disposition des instances de nos syndicats pour mieux se disposer afin de défendre les revendications de nos mandants.

 

 Historique : le 10 décembre 2007, la commission Pochard au grand complet a réuni les fédérations syndicales enseignantes pour leur présenter les « pistes » sur lesquelles elle travaillait pour rendre son « livre blanc » fin janvier. Alors que la réunion se terminait, la FSU demandait une réunion spécifique sur les rémunération des enseignants. Demande qui a entraîné une intervention immédiate du secrétaire général de la FNEC FP FO condamnant toute dissociation de la discussion sur les rémunérations des enseignants du reste de la négociation salariale dans la Fonction publique (voir circulaire fédérale de compte-rendu n° 405 du 12 décembre). Une  réunion s’est tenue sur cette question le 9 janvier à la Sorbonne.

 

 La réunion du groupe de travail sur les rémunérations des enseignants

 

 M. Pochard qui le présidait l’a introduit ainsi : « Ce groupe de travail a été demandé par certains d’entre vous. Nous allons entendre M. Maurin* vous présenter une étude qu’il a réalisé sur les rémunérations des enseignants sur la base des fiches de l’INSEE. Il n’est pas question qu’il y ait un débat sur les conséquences à en tirer ».
Ensuite M. Maurin a présenté son exposé qui consistait en une comparaison de l’évolution des rémunérations des enseignants avec celle des rémunérations des professions intermédiaires et des cadres de l’Education nationale et avec les mêmes catégories du privé. De cette étude, il ressortait que depuis 20 ans, il n’y avait eu aucun déclassement salarial des enseignants.

 

 L’intervention de la FNEC FP - FO

 

La délégation de la Fédération (Claude Charmont et Jacques Paris) a fait l’intervention suivante :

 

 « Monsieur le Président,Nous partageons totalement la fin de votre introduction quand vous avez annoncé qu’il n’y aurait pas de débat sur les conséquences à tirer de l’exposé de M. Maurin.

 

 En effet, comme vous le savez, nous sommes attachés à l’unité de la Fonction publique, à l’existence de la grille unique de la Fonction publique et à la valeur commune du point d’indice. Ce qui signifie que nous ne saurions accepter que se discute des rémunérations des enseignants indépendamment des rémunérations de tous les fonctionnaires.

 

 Il est difficile pour Force Ouvrière d’entrer dans la discussion de l’exposé de M. Maurin. C’est un exposé où les mots « point d’indice », « grille unique », « GVT (glissement vieillesse technicité) » n’ont jamais été prononcés. C’est un exposé qui a omis de signaler ce que tout le monde sait : qu’ il y a vingt ans, le salaire d’un certifié débutant était égal à 2 fois le SMIC alors qu’il n’est plus aujourd’hui que de 1,2 fois le SMIC. C’est un exposé qui a parlé sans cesse des rémunérations sans parler une seule fois de pouvoir d’achat, c’est à dire qui n’a jamais comparé la hausse des rémunérations avec celle du coût de la vie.

 

 En conclusion, nous tenons à rappeler que pour Force Ouvrière, il n’y aura aucune augmentation réelle et pérenne du pouvoir d’achat des enseignants, comme pour celui de tous les fonctionnaires, sans une réelle augmentation de la valeur du point d’indice. »

 

 Pour l’action commune pour les revendications

 

 La représentante du SNES-FSU est intervenue longuement pour expliquer que pour son organisation, il fallait intégrer dans la réflexion sur les rémunérations les difficultés de transport, de logement des enseignants, en particulier des plus jeunes pour en conclure qu’il fallait prendre en compte l’action sociale.

 

 Rappelons qu’il s’agit là exactement du contenu du protocole Jacob de janvier 2005 signé par l’UNSA et la CFDT. Le rôle du syndicat n’est-il pas, au contraire, de s’unir contre les déclarations de Sarkozy, Woerth et Santini qui demandent à ce que le maintien ou l’augmentation du pouvoir d’achat des fonctionnaires ne soit plus basée sur l’augmentation du point d’indice pour tous, mais en prenant en compte les revenus individuels de chaque fonctionnaire (GVT, action sociale…) ?

 

 C’était d’ailleurs le sens de la déclaration des fédérations de fonctionnaires qui appelait au 24 janvier  :

 

 On peut y lire : « le gouvernement refuse d’accorder une mesure générale de revalorisation du point d’indice, seule à même d’assurer un réel maintien du pouvoir d’achat pour l’ensemble des agents de la fonction publique. Au contraire, il persiste à faire rentrer dans le maintien du pouvoir d’achat des mesures individuelles de promotion (glissement vieillesse technicité), ce qui revient à nier le principe même de déroulement de carrière ».

 

 * Eric Maurin est membre de la commission Pochard présenté comme « polytechnicien et docteur en économie, directeur de recherche à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS), membre du comité d’évaluation des la gestion expérimentale des minimas sociaux par les départements

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